Selon les résultats d’une étude publiée dans Forum ouvert sur les maladies infectieuses.
Les chercheurs ont mené une étude de modélisation avec des données COVID-19 anonymisées au niveau des personnes du Département de santé publique de Californie de juillet 2022 à janvier 2023. Les chercheurs visaient à déterminer si l’augmentation de l’utilisation de rappels bivalents COVID-19 et du nirmatrelvir-ritonavir réduisait les diagnostics et conséquences graves du COVID-19 dans les populations à haut risque. Les données collectées comprenaient des résultats positifs aux tests moléculaires du SRAS-CoV-2, des rapports d’hospitalisation et de mortalité liés au COVID-19 et le statut de vaccination contre le COVID-19 (complet, partiel ou renforcé).
Les patients de l’étude ont été stratifiés par tranche d’âge, y compris ceux âgés de 0 à 17 ans, de 18 à 49 ans, de 50 à 64 ans, de 65 à 74 ans, de 75 à 84 ans et ceux âgés de 85 ans et plus. Il convient de noter que les patients partiellement vaccinés ont été classés comme entièrement vaccinés, car ils représentaient moins de 4 % du total des résultats de la COVID-19.
Les principaux critères de jugement comprenaient le diagnostic de la COVID-19, l’hospitalisation liée à la COVID-19 et la mortalité liée à la COVID-19. Les chercheurs ont utilisé des modèles de régression quasi-Poisson pour prédire le nombre d’issues hebdomadaires du COVID-19 par groupe d’âge et statut vaccinal sur une période de 6 mois. Les données capturées à partir de ces modèles ont ensuite été utilisées pour estimer le nombre total de résultats évités, y compris le nombre de cas à traiter (NNT), associés à chaque intervention (c.-à-d. rappel bivalent ou réception de nirmatrelvir-ritonavir).
Un total de 1 128 004 diagnostics confirmés de COVID-19 ont été inclus dans l’analyse finale, dont 43 684 (3,9 %) et 5 876 (0,5 %) étaient des hospitalisations et des événements de mortalité liés au COVID-19, respectivement. Les patients âgés de 65 ans et plus représentaient plus de 60 % des hospitalisations et 83 % des événements de mortalité. Au départ, 82 % des patients étaient partiellement vaccinés, 73 % étaient entièrement vaccinés et 60 % avaient reçu un rappel. Le taux d’administration de rappel bivalent était le plus élevé chez les patients de 65 ans et plus, représentant 36 % de toutes les doses de rappel reçues.
Sur une période de 6 mois, le modèle de régression a prédit la survenue de 1 174 195 (IC à 95 %, 985 150-1 403 574) diagnostics de COVID-19, 48 893 (IC à 95 %, 42 503-56 281) hospitalisations et 7 189 (IC à 95 %, 6239- 8311) événements de mortalité.
Une analyse plus approfondie a montré qu’une couverture de rappel bivalent parmi 70 % de la population globale devrait permettre d’éviter 187 201 cas (intervalle d’incertitude de 95 % [UI], 168 691-205 233 ; NNT, 111) diagnostics de COVID-19, 9 066 (UI à 95 %, 6 736-10 511 ; NNT, 2 273) hospitalisations et 1 811 (UI à 95 %, 1 394-2 375 ; NNT, 11 378) événements de mortalité.
Il était prévu que la réception d’une dose de rappel bivalente supplémentaire chez les patients âgés de 65 ans et plus permettrait d’éviter 10 794 (UI à 95 %, 9 439-12 333 ; NNT, 177) diagnostics de COVID-19, 2 725 (UI à 95 %, 1 923-3 275 ; NNT, 698). ) hospitalisations et 690 (UI à 95 %, 527-855 ; NNT, 2 757) événements de mortalité. Pour les patients non vaccinés, la réception d’une dose de rappel bivalente devrait éviter 95 458 (UI à 95 %, 87 586-101 917 ; NNT, 50) diagnostics de COVID-19.
Nirmatrelvir-ritonavir il était prévu que le taux d’absorption de 70 % dans les populations éligibles permettrait d’éviter 4 809 (UI à 95 %, 3 365-5 813 ; NNT, 18) hospitalisations et 1 292 (UI à 95 %, 798-1 594 ; NNT, 67) événements de mortalité. Le nombre prévu d’hospitalisations évitées (4 458 ; UI à 95 %, 3 121 à 5 388 ; NNT, 14) et d’événements de mortalité (1 252 ; UI à 95 %, 778 à 1 537 ; NNT, 50) était similaire chez les patients âgés de 65 ans et plus.
Les limites de cette étude incluent le recours aux données historiques, la possibilité d’issues sous-estimées du COVID-19 et le manque de données sur l’effet d’une infection antérieure au COVID-19 et d’un statut immunodéprimé.
En ce qui concerne le bivalent boosters et nirmatrelvir-ritonavir, « Cette étude fournit des preuves sur les bénéfices pour la santé publique de l’utilisation des deux interventions aux États-Unis et met en évidence les opportunités potentielles pour les décideurs politiques d’améliorer la promotion et l’accessibilité de ces interventions salvatrices », ont conclu les chercheurs.

