Les patients atteints d’un cancer colorectal métastatique (mCRC) qui développent une toxicité cutanée subissent également des effets psychologiques et sociaux, selon les résultats de l’étude présentés lors d’une session de la European Oncology Nursing Society (EONS) au congrès 2023 de l’ESMO.
Les patients atteints de CCRm reçoivent souvent des inhibiteurs des récepteurs du facteur de croissance épidermique (EGFR-I) qui sont associés à un risque de toxicité cutanée.
Le but de cette étude qualitative exploratoire (THE-2022-0147) était d’évaluer les perceptions des patients (N = 15) atteints de CCRm qui ont présenté des événements de toxicité cutanée liés au traitement par EGFR-I à l’aide d’entretiens semi-structurés.
Les patients ont exprimé les impacts liés à la gestion des symptômes de la toxicité cutanée, mais également des problèmes d’estime de soi dus à la visibilité de la toxicité cutanée. Les patients ont déclaré qu’ils s’inquiétaient pour les autres et estimaient qu’ils devaient cacher leur peau ou s’isoler pour éviter tout impact sur les autres.
Les patients ont déclaré que leurs professionnels de la santé leur avaient apporté un soutien émotionnel et les avaient aidés à faire face à leur toxicité. Dans l’ensemble, le processus d’adaptation a oscillé entre la lutte et la tolérance, avec des périodes d’ambivalence quant à leur toxicité cutanée.
Les périodes de lutte étaient influencées par les symptômes de toxicité et l’anxiété. Alors que les périodes de tolérance étaient influencées par les projets futurs, les rôles sociaux et le soutien des autres. De plus, les patients étaient plus susceptibles de se sentir tolérants lorsqu’ils pensaient à la nature temporaire de l’effet secondaire et considéraient la toxicité comme un signe de l’efficacité du traitement par EGFR-I. La principale limite de cette étude était la petite taille de l’échantillon.
Marilies De Kegel, RN, MSc, d’AZ Delta en Belgique et présentatrice de l’étude a conclu : « L’effet secondaire de la toxicité cutanée a un impact physique mais influence également les effets psychologiques et sociaux et le bien-être d’un patient métastatique CCR. Les oncologues, les dermatologues et les infirmières doivent prendre en compte la toxicité cutanée et son impact lors de la prise en charge des patients atteints de CCR métastatique.

