Le groupe de travail sur l’intelligence artificielle (IA) de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV) a publié une prise de position en faveur de l’utilisation d’applications pour smartphone (apps) assistées par l’IA et de services Web pour le diagnostic et le traitement des maladies de la peau, en particulier cancer de la peau. Leur déclaration a été publiée dans Le Journal de l’Académie Européenne de Dermatologie et Vénéréologie.
Cette déclaration intervient alors que le nombre d’utilisateurs de smartphones dans le monde continue d’augmenter. La déclaration du groupe de travail EADV sur l’IA offre des informations et des recommandations précieuses pour l’utilisation actuelle et future de ces technologies, qui, selon le groupe de travail, « sont devenues un outil puissant pour l’engagement des soins de santé ».
Les considérations du groupe de travail lors de l’élaboration de ses recommandations comprenaient les risques possibles d’événements indésirables résultant de prédictions inexactes, comme la sensibilité et/ou la spécificité d’une application dans la détection du cancer de la peau. Ils ont également abordé les risques associés à une mauvaise formation des utilisateurs, au déclin des compétences professionnelles, à l’influence commerciale non médicale, à la sécurité des données, aux coûts directs et indirects, à l’approbation réglementaire et à la mise en œuvre multidisciplinaire. Le groupe de travail recommande que, pour garantir la confiance des utilisateurs, les développeurs d’applications donnent la priorité à la transparence en matière de qualité, d’exactitude, d’utilisation prévue, de confidentialité et de coûts des données. De plus, les applications et les services Web doivent être conçus de manière à permettre à divers groupes de patients de bénéficier d’une expérience utilisateur uniforme. Par exemple, le groupe de travail prévient que les applications de dermatologie ne devraient pas exclure des sous-populations en fonction du teint, de l’âge, de l’analphabétisme technologique et des handicaps. Le groupe de travail a également exhorté les autorités européennes à adopter un cadre réglementaire rigoureux et cohérent pour les applications dermatologiques afin de garantir qu’elles sont précises et sûres à utiliser, et que les principes sous-jacents des algorithmes utilisés dans ces applications soient vérifiés par un panel d’experts en dermatologie.
Il est nécessaire de disposer de données probantes de haute qualité pour évaluer l’efficacité, la sécurité et le rapport risque-bénéfice des applications de diagnostic des maladies de la peau sur smartphone ; cependant, leur potentiel d’impact sur les soins aux patients est important. En restant bien informés sur les logiciels disponibles, les dermatologues peuvent conseiller efficacement leurs patients sur la bonne utilisation de ces applications. Le groupe de travail vise également à soutenir les efforts visant à développer des programmes éducatifs assistés par l’IA pour fournir aux patients des instructions leur permettant d’utiliser les applications de manière appropriée et pour les aider à améliorer leur capacité à détecter les lésions cutanées suspectes.
En termes d’approbation réglementaire de telles applications en Europe, le groupe de travail a recommandé que les développeurs d’applications de dermatologie obtiennent un marquage de Conformité Européenne (CE) auprès d’un organisme notifié, et que les magasins d’applications, tels que l’App Store d’Apple et le Google Play Store, n’autorisent que les consommateurs ont accès à des applications de dermatologie IA correctement marquées CE.
Les chercheurs ont conclu : «[T]L’utilisation d’applications pour smartphone assistées par l’IA et de services Web pour diagnostiquer et traiter les maladies a le potentiel d’être grandement bénéfique pour les patients dans leur parcours en dermatologie. Ils ont ajouté : « En donnant la priorité à l’innovation, en favorisant la collaboration et en mettant en œuvre des réglementations efficaces, nous pouvons garantir l’intégration réussie de ces applications dans la pratique clinique. »
Divulgation : Certains auteurs de l’étude ont déclaré des affiliations avec des sociétés de biotechnologie, pharmaceutiques et/ou d’appareils. Veuillez consulter la référence originale pour une liste complète des divulgations des auteurs.

