Résultats d’une étude publiée dans Maladies inflammatoires de l’intestin montre que l’infection au COVID-19 est associée à un risque accru de zona (HZ) chez les patients atteints de maladie inflammatoire de l’intestin (MII).
Des chercheurs du Massachusetts ont mené une étude de cohorte rétrospective de janvier 2020 à janvier 2023 pour évaluer le risque de zona chez les patients atteints de MII suite à une infection au COVID-19. Les patients éligibles étaient des adultes atteints de MII (colite ulcéreuse ou maladie de Crohn). Les chercheurs ont utilisé un score de propension de 1 : 1 pour évaluer le risque de zona entre les patients avec et sans (témoins) des antécédents d’infection par le SRAS-CoV-2 confirmé en laboratoire. La régression logistique a été utilisée pour générer des scores de propension, et les groupes ont été appariés en fonction des caractéristiques démographiques, des facteurs de risque de zona et des médicaments contre les MII. Tous les patients recevaient au moins un médicament lié aux MII au moment de leur inscription.
Au total, 7 912 patients ont été inscrits dans la cohorte COVID-19 et 59 066 dans la cohorte témoin à l’ère du vaccin pré-COVID-19, dont les âges moyens étaient de 50,2 et 47,7 ans, 60,1 % et 52,1 % étaient des femmes, 12,6 % et 9,7 % étaient noirs, et 61,1 % et 61,6 % souffraient respectivement de la maladie de Crohn. Les patients de la cohorte COVID-19 présentaient des taux plus élevés de comorbidités et de troubles auto-immuns, et 14,4 % ont été hospitalisés après le diagnostic de COVID-19.
Au cours de l’ère vaccinale pré-COVID-19, le zona est survenu chez 0,68 % des patients de la cohorte COVID-19 et 0,41 % de ceux de la cohorte témoin. Après que les chercheurs ont appliqué l’appariement des scores de propension, le risque de zona a augmenté parmi les patients de la cohorte COVID-19 par rapport à ceux de la cohorte témoin (rapport de cotes ajusté [aOR], 3,49 ; IC à 95 %, 1,92-6,36).
Une analyse plus approfondie a démontré que les patients de la cohorte COVID-19 qui ont nécessité une hospitalisation (aOR, 6,26 ; IC à 95 %, 2,89-13,59) et qui n’en ont pas eu besoin (aOR, 2,57 ; IC à 95 %, 1,41-4,69) présentaient tous deux un risque accru de Hz par rapport à ceux de la cohorte témoin.
Les chercheurs ont ensuite évalué le risque de zona à l’ère du vaccin post-COVID-19 parmi les patients appariés selon le score de propension dans les cohortes COVID-19 (n = 10 027) et témoin (n = 4 984). Comme observé à l’époque précédant la vaccination, le risque de zona entre les groupes était plus élevé pour les patients de la cohorte COVID-19, à la fois globalement (aOR, 3,04 ; IC à 95 %, 1,48-6,24) et parmi ceux qui l’ont fait (aOR, 6,50 ; IC à 95 %, 2,37-18,08) et n’a pas nécessité d’hospitalisation (ORa, 3,13 ; IC à 95 %, 1,51-6,44).
Il convient de noter que le risque de zona chez les patients atteints de MII dans la cohorte COVID-19 était plus faible parmi ceux inscrits dans l’ère vaccinale post-COVID-19 que chez ceux inscrits avant la vaccination (aOR, 0,45 ; IC à 95 %, 0,27-0,76).
Les limites de l’étude incluent la possibilité que les patients recrutés pendant COVID 19 pandémie étaient moins disposés à se faire soigner. D’autres limites comprennent l’incapacité d’évaluer le risque de zona pour chaque classe de médicaments contre les MII et l’effet potentiel d’un diagnostic antérieur de zona et d’une vaccination contre le zona.
Selon les chercheurs, «[G]malgré le risque accru de Hz après une infection par le SRAS-CoV2, les patients devraient recevoir le vaccin de rappel COVID-19 mis à jour.
Divulgations : Plusieurs auteurs de l’étude ont déclaré des affiliations avec des sociétés pharmaceutiques, biotechnologiques et/ou d’appareils. Veuillez consulter la référence originale pour une liste complète des divulgations.

